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Merci à Dominique BAUDOIN, qui est à la source de cette biographie.

Un jeune immigré de l'Est qui devient un joueur professionnel

Coco DAVID est tellement célèbre à Epinal qu'on en oublierait son véritable patronyme. David ICKOVITZ était un polonais né à Vilnius, capitale de l'actuelle Lituanie, en Novembre 1915. Ses parents "débarquent" en Lorraine en 1929 en quête de travail. Le petit David s'adonne au football à l'US Nancy puis au FC Nancy, club dans lequel il signe en 1937 à l'âge de 22 ans. Devenu professionnel, meneur de jeu mais aussi souvent au marquage, il intègre l'équipe fanion qu'il contribue activement à mener en D1. Lorsque la guerre éclate, David mène en parallèle de sa carrière de sportif, des études d'agronomie. Son nom étant à consonance juive, il change d'identité et se fait appeler Jean-Claude "Coco" DAVID... Mais cela ne suffit pas et il est déporté pendant cinq longues années dans un camp de travaux forcés en Allemagne. Cette période le marquera à jamais et comme beaucoup de déportés il refusera d'en parler pour le restant de ses jours. Après sa libération en 1945, il revient au FC Nancy mais il est ensuite sollicité par l'OGC Nice, grand club de l'époque, dans lequel il signe. Il est le meilleur joueur niçois et le capitaine et son nom figure dans de nombreux articles de Buts et clubs et France Foot . Célèbre pour son marquage sur le grand Larbi BEN BAREK, la "perle noire" de l'Olympique de Marseille, on surnomme DAVID "l'éteignoir de BEN BAREK". Il prend sa retraite professionnelle à l'âge de 34 ans en 1949.

Une histoire d'amour avec Epinal

C'est effectivement une histoire d'Amour qui lie Coco DAVID à la cité des images. Lors de sa longue carrière en Lorraine, Coco a épousé une spinalienne nommée Odette. C'est donc tout naturellement que le couple vient régulièrement passer des vacances à Epinal. A l'arrêt de sa carrière, le SAS est tout jeune et cherche un entraîneur capable de le faire progresser. DAVID est l'homme de la situation... et en plus d'avoir épousé une spinalienne, il va épouser le SAS. Il en sera quatre fois l'entraîneur entre 1949 et 1986 et reste de loin celui qui aura le plus coaché Epinal. Le "polak" va mener ce club anonyme de Promotion au sommet du football amateur en 1953 puis à l'apothéose avec une épopée en D2 entre 1974 et 1979... Il reviendra même en 1986 malgré un état de santé très précaire!

Faire du SAS le meilleur club amateur et un club formateur

Lorsqu'il prend les commandes de l'équipe pour la première fois en 1949, Coco DAVID n'a qu'un but: amener le SAS au rang du meilleur club amateur. A cette époque il n'y a qu'une quarantaine de clubs pros et toutes les autres équipes se disputent ce titre amateur très prestigieux. Coco DAVID est alors entraîneur-joueur. Le 26 mai 1952, un supporter mosellan de Petite Rosselle agresse l'entraîneur spinalien suite à un but marqué en lui cassant une bouteille sur la tête! Dans le coma, Coco doit se faire opérer du crâne. Cet épisode grave et qui a fait grand bruit à l'époque lui fait définitivement raccrocher les crampons. L'année suivante, 1952-53, le SAS décroche le titre de meilleur club amateur français! Une première consécration.

Par la suite, le comité décide de se séparer de Coco. C'est Jean-Claude Kuhnapfel, ancien footballeur du FC Metz qui occupe le banc entre 1963 et 1968 mais ne parvient pas à remonter le SAS vers le CFA. Finalement DAVID est rappelé et lance une vraie politique de formation au club en faisant grandir une génération qui fera parler d'elle quelques années plus tard: Delahaye, Charron, Receveur... Pour des raisons professionnelles, Coco doit quitter une deuxième fois le banc du SAS avec un intermède du luxembourgeois Ady Scmitt, ex joueur sochalien. Coco redevenu disponible, le SAS s'empresse de le rappeler. Le fin technicien polonais ne manque de faire fructifier tout le travail de formation accompli les années précédentes et en 1974, c'est l'euphorie: le SAS monte en D2!

L'épopée en D2 de 1974 à 1979

S'il y a bien un homme auquel on doit cette première et mémorable épopée en D2, c'est bien à M. ICKOWITZ. Le matin de l'ouverture du championnat contre Toulouse, c'est l'effervescence. Un stand vend sur le marché fanions, écharpes, autocollants, trompettes crécelles... Une camionnette sillonne même les environs pour vendre les objets estampillés "Boutons d'or" et le n°1 de la revue "Les boutons d'or". Ce premier match se termine par un score de parité 1-1. Quelques semaines plus tard, c'est le derby face à l'ASNL de Michel Platini! Plus de 8000 spectateurs voient le SAS accrocher le leader nancéien 0-0!

Lors de la saison 76-77, le SAS restera longtemps invaincu. Après 8 journées, le SAS est même 2ème au classement et se retrouve pendant 42 minutes seul leader de D2 en menant 2-0 face à Besançon (score final 4-4).

Lors de la saison 78-79, le SAS va jouer de malchance. Le capitaine Marcel Wassmer meurt subitement d'une rupture d'anévrisme, Patrice Vicq se brouille avec le président Staub et décide d'arrêter, le serbe Hlevniak se blesse gravement tout comme Jacky Receveur défenseur clé et Messer... Le SAS finit par descendre lors de cette saison aux allures de scénario catastrophe. Coco David en paie les pots cassés et le SAS "plonge" pour une décennie (D3 et même D4). David est rappelé mais il est affaibli par la maladie et la magie n'opère plus. Il s'éteint le jour du printemps, le 21 mars 1986.

Un homme exceptionnel, pierre angulaire de ce qu'est devenu le SAS

Lors de ses 70 années de vie, on peut dire que "Coco" aura connu une destinée exceptionnelle. Fils d'immigré, il s'est intégré par le football et une éducation empreinte de vraies valeurs: la gentillesse, la générosité, le respect, le travail et l'abnégation. Footballeur professionnel et intéressé par l'agronomie, il connaît ensuite une injuste, terrible et cruelle déportation en ces temps obscurs de l'occupation nazie.

Revenu de cet enfer, il récupère physiquement et continue sa carrière professionnelle! Sa passion pour le foot et pour le SAS l'ont sans doute aidé à reprendre tout simplement goût à la vie. Par cet état d'esprit de passionné et de travailleur, il a donné du bonheur à l'état brut à toute une ville et a contribué à faire éclore les boutons d'or des profondeurs du football amateur, à en faire un club formateur reconnu dans la région et même à l'échelle nationale. Le stade Saint-Michel puis la Colombière ont tant vibré grâce à lui! Les vibrations de ces souvenirs mémorables se font encore sentir quand l'on se promène en ces lieux et que le vent vient caresser notre visage. Sur la demande de passionnés du club (Dominique Baudoin et Philippe Colnot) la tribune principale de la Colombière a été baptisée DAVID le 15 mai 1990 lors de la remontée en D2. Une plaque, inaugurée par Philippe Seguin, est fixée sur cette tribune que notre cher Coco a tant fait frémir!

Merci à toi Coco. Nous ne t'oublions pas!!!

Allez le SAS!

 

David ICKOVITZ alias Coco DAVID

David ICKOVITZ alias Coco DAVID

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Published by SAS football Epinal